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Interview au talentueux illustrateur de mode Alex Ceball

10 janvier, 2017

Je partage avec vous l´entretien que j´ai fait à Alex Ceball, talentueux journaliste et illustrateur de mode chilien qui a travaillé pour plusieurs grands magazines français à Paris. Actuellement il vit au Chili et travaille pour Harper’s Bazaar.

L.C : Raconte nous un peu qui tu es et ce que tu fais.

A.C : Je suis Alex Ceball, je suis journaliste et illustrateur. Actuellement j´écris et je dessine pour les magazines Harper’s Bazaar  et  Enfoque.

 L.C: Comment es-tu devenu illustrateur?

A.C : Par hasard, à Paris, il y a de cela 10 ans. J´ai décidé de faire de l´illustration de mode lorsqu´un jour, dans un kiosque de la station de métro Opéra, j´ai commencé à regarder les magazines de mode. J´avais envoyé mon book à 35 galeries d´art et je n´avais pas reçu une seule réponse et comme je commençais à ne plus avoir assez d´argent je me suis dit : allez, tentons ma chance auprès de tous ces magazines !

L.C: Pourquoi as –tu choisi de faire des illustrations de mode ?

A.C : D´abord parce que j´avais besoin de gagner de l´argent. L´illustration de mode fait bouger beaucoup d´argent. Il suffit d´un seul dessin pour un t-shirt d´une grande entreprise du retail et tu peux gagner des sommes d´argent considérables. Deuxièmement, pour me faire connaître. En faisant de bonnes illustrations, je pouvais être dans les meilleurs magazines du monde et assurer un tirage international de mon travail. Celui-ci pouvait se trouver près des gens, dans un arrêt d´autobus ou dans un aéroport de 10 ou 15 villes ou bien plus. Ceci permet qu´une infinité de personnes puissent te voir ;  beaucoup plus que si j´avais exposé dans une galerie d´art ou dans un autre centre culturel.  J´ai pensé que ça pourrait être mieux pour moi et ainsi souffrir moins ! (rires)  Et puis, troisièmement, parce que quand j´ai commencé à travailler dans cette industrie, il y avait des illustrations vraiment mauvaises. Ce n´était pas une époque dans laquelle l´illustration ait été à la mode, les magazines ne pariaient pas sur cela et les marques encore moins. La photographie avait le monopole dans le monde de la publicité. Je me suis rendu compte de cela et j´ai fait quelque chose que jusque-là aucun illustrateur n´avait fait (du moins de ma génération) qui a été d´introduire le dessin traditionnel, classique, formel et universitaire dans le monde de  l´illustration de mode comme un modèle d´affaires. Alors j´ ai posé un problème à pas mal de monde !

Plusieurs collègues du monde des Beaux-Arts se demandaient comment il était possible qu´ Alex puisse rabaisser son travail réaliste à la mode ou à la publicité…à quelque chose d’aussi futile. Par ailleurs, les magazines de mode et de tendances n´étaient pas habitués à publier des oeuvres d´art faites spécialement pour eux et payées par eux. Par oeuvres d´art, j´entends qu´elles soient faites sous les plus strictes structures académiques et techniques du dessin. Les galeries et les musées n´osaient pas non plus les montrer car elles les considéraient comme un art mineur et cependant celles-ci, finissaient par être plus connues que les dessins qui étaient accrochés sur leurs murs ! (rires). Je dois avouer que ça a vraiment été une révolution. Tu donnais aux marques une exclusivité communicative au moment où était en pleine marche la démocratisation de la mode. Elles se trouvaient dans une situation très délicate à ce moment-là pour ne pas risquer de perdre leurs clients. L ´illustration est  donc devenu l´une de ses meilleures armes pour garder sa clientèle. Et grâce à elle, les magazines ont également pu rafraîchir leur offre avec de l´art. Accepte le ou non, mais les gens apprécieront toujours plus l´art que la photographie car au final la photographie n´est qu´un registre d´images et de situations communes alors que l´art c´est toute la folie de l´artiste qui nous surprend selon sa façon  de la présenter.  C´est un mystère et cela est toujours entraînant. Maintenant l´illustration est très à la mode et il y a de nombreux illustrateurs sur le marché, donc beaucoup de concurrence. Par chance, ceux qui sont bons continuent à être bien positionnés et à avoir du travail.

L.C: Comment as-tu réussi à avoir une carrière couronnée de succès à Paris et à illustrer pour les plus grands magazines de mode français ?

A.C: D´abord en faisant un bon travail. En ayant de la rigueur et de la discipline dans la qualité de chaque pièce, dans les délais de livraison y surtout dans la relation avec d´autres personnes. Il faut être une bonne personne, proche mais en comprenant en même temps qu´il s´agit d´une entreprise. Et puis il est important de bien maîtriser les langues dans lesquelles on communique. C´est élementaire. Maitriser l´anglais, le français et l´espagnol devrait être une chose basique pour n´importe quelle personne, tout comme ça l´est pour beaucoup de monde en Europe qui maîtrise 2 ou 3 langues en plus de sa langue maternelle. Et puis je crois qu´il est important d´avoir une certaine culture générale, et avec ça je veux dire voyager, lire de tout, connaître plein d´endroits, beaucoup de monde, d´histoires, de couleurs et de saveurs. Le véritable luxe c´est de connaître. C´est comme ça que tu peux parler avec l´éditrice de Vogue en Inde ou en Russie pour faire un travail pour eux et que leurs cultures puissent te sembler familières, savoir de quoi ils te parlent, pour savoir quoi faire et quoi répondre, avec assurance. Et puis il faut aussi être fier de ce qu´on est et d´où on vient, de tes racines. Et si celles-ci sont mélangées et si tu viens d´endroits encore plus communs, tant mieux encore ! Je le dis toujours : connaître c´est le pouvoir.

C: Beaucoup de gens pensent que la mode est superficielle. Que leur répondrais-tu?

A.C : Qu´ils ont raison. Même si comme tout, il ne faut pas avoir d´opinions aussi extrêmes au sujet des choses, parce qu´il y a des nuances partout. Si tu fais un tour dans la salle d´art textile de n´importe quel musée précolombien tu verras avec tes propres yeux que la mode, dans les siècles avant Christ, n´était pas sûrement pas superficielle. Si tu regardes le monde de la mode aujourd´hui il y a des créateurs qui sont très bons et ont des propositions presque artistiques avec un discours très fort et personnel et il faut remercier cela.  Et oui, la mode est superficielle étant donné qu´elle ne se centre pas sur le fait que tu sois une bonne ou une mauvaise personne, mais sur si tu as plus de style et t´habilles mieux que ton voisin. Et ça c´est juste pour te faire sentir plus important que l´autre, pour faire une différence de classe ou de position. Et c´est son rôle depuis toujours et ça continuera à être comme ça et celui qui ne veut pas le comprendre aura un grand point faible pour survivre dans cette affaire.  Les règles ici sont claires. Les marques ne font pas des vêtements en pensant aux bonnes personnes, crois-moi. Il y en a mais on peut les compter sur les doigts de la main. De toutes les façons, je peux te dire que je sens que la mode est beaucoup moins superficielle qu´avant peut-être à cause de cette horrible crise qui ne veut pas s´en aller.

L.C: Est-ce que tu as une anecdote de ta vie à Paris que tu puisses nous raconter?

A.C: Pas une! Pleins! Presque tous les jours, bonnes et mauvaises, avec des inconnus, avec des gens connus, mais il vaut mieux être un vrai gentleman et  tout oublier! Ainsi on préserve l´amitié pour plusieurs années! (rires).

L.C: Comment définirais tu le style des parisiennes?

A.C:  En général ce sont des femmes très élégantes, sobres et très sensibles aux détails. La ville aide aussi à ce qu´elles soient comme ça car on respire de la sophistication à chaque coin de rue. Mais il y a aussi d´autres femmes d´autres pays qui sont toutes aussi sophistiquées mais dans un sens différent. J´ai connu beaucoup de femmes avec un goût exquis en Egipte, au Brésil, en Espagne, en Argentina, au Chili, en Afrique et en Asie. Cela n´appartient pas qu´aux parisiennes.

 

L.C: Pourquoi as-tu décidé de retourner vivre au Chili ?

A.C: Parce que je vivais à Barcelone les 6 dernières années et que j´ai été touché par la crise financière, immobilière et politique d´Espagne. Cela a été un coup très dur pour tous. Il fallait bouger pour continuer à avancer. J´espère que tout ceci aille mieux bientôt pour pouvoir y retourner. Mais je dois t´avouer que je ne me sens pas très rassuré par toute cette vague d´attentats qui a eu lieu : Paris, Nice, Berlin, Madrid, Orlando. Ici au Chili on ne voit pas ce genre de choses qui me paraissent être d´une lâcheté et d´une violence inouïe.  En ce moment je suis chaque jour sous le charme du Chili: ses changements sociaux, sa nature extrême. Plus je le connais et plus j´en suis fier. C´est un pays magique comme toute l´Amérique Latine en réalité.

L.C: Quel est le projet qui t´enthousiasme actuellement?

A.C: Tous ceux dans lesquels je m´implique et que je choisis avec beaucoup de soin. Actuellement, je suis bien occupé dans les 2 magazines  pour lesquels j´écris : Harper’s Bazaar et Enfoque. Je travaille également dans les campagnes qui sortent au fur et à mesure et je collabore constamment dans des projets qui me semblent intéressants.

L.C: Quels sont les futurs projets pour Alex Ceball dans les années à venir?

A.C: J´adorerai revenir à l´enseignement. Les deux dernières années j´ai donné des conférences internationales et des master class de façon ponctuelle, mais j´aimerai retourner dans les salles de classes. Mais pas à l´université car je sens que dans les grandes universités les jeunes ne s´intéressent à rien et c´est comme s´ils étaient là pour complaire leurs parents car ils leur paient leurs études. J´aimerai une petite école avec peu de personnes mais très intéressées. Ce serait une sorte de pépinières de talents. De vrais talents. Nous verrons. J´éspere pouvoir le faire.


Comparto con Uds. la entrevista que le hice a Alex Ceball, talentoso periodista e ilustrador de moda de origen chileno que trabajó para prestigiosas revistas francesas en Paris.  En la actualidad vive en Chile y trabaja para Harper’s Bazaar.

L.C: Cuéntanos por favor  quien eres y lo que haces

A.C: Mi nombre es Alex Ceball y soy periodista e ilustrador. Actualmente escribo y dibujo para las revistas Harper’s Bazaar y Enfoque.

 L.C: ¿Cómo llegaste a ser ilustrador?

A.C: De casualidad, en París, hace ya una década atrás. Decidí dedicarme a la ilustración de moda mirando un día revistas en un kiosko de la estación de metro Opéra, luego de que no recibía respuesta de ninguna de las 35 galerías de arte a las que había llevado mi portafolio y me estaba quedando sin dinero. “Que les den a todas”, pensé.

L.C: ¿Por qué escogiste ilustrar en el rubro de la moda?

A.C: Primero por necesidad. La ilustración de moda puede mover mucho dinero. Basta un solo dibujo para el diseño de una camiseta de alguna gran firma de retail y puedes ingresar a caja una cifra considerable. Segundo para visibilizarme. Con buenas ilustraciones podía estar en las mejores revistas del mundo, asegurar una distribución internacional de mi obra, estar ahí, junto a la gente en un aviso en la parada de autobús o en el aeropuerto de quizá 10 o 15 ciudades, o más, y bueno, que te vea mucha más gente de la que podría verte en una galería o en algún otro centro exhibitivo. Pensé que así me podría ir mejor y sufrir menos (risas). Y tercero, porque cuando me metí en el rubro, habían cosas verdaderamente malas. No era un tiempo donde estuviera muy de moda la ilustración, las revistas casi no apostaban por ella y las marcas menos, la fotografía tenía el absoluto monopolio en el mundo de la publicidad. Me di cuenta de eso y entré rápido y muy bien porque hice algo que hasta esa fecha no había hecho ningún ilustrador –al menos en mi generación- que fue meter el dibujo tradicional, clásico, formal y universitario a la “ilustración de moda” como modelo de negocio, entonces le generé, por así decirlo, un dilema a mucha gente. Algunos colegas del mundo de las Bellas Artes tradicionales se preguntaban cómo era posible que Alex rebajara su obra realista a la moda, o a la publicidad… a algo tan fútil. Asimismo, las revistas de moda y tendencias tampoco estaban acostumbradas a publicar obras de arte –y digo obras de arte en el sentido de que son realizadas bajo las más estrictas estructuras académicas y técnicas del dibujo- hechas especialmente para ellas, comisionadas. Las galerías y los museos tampoco se atrevían a exhibir estas obras por considerarlas un arte menor, y sin embargo lograban ser más famosas que los dibujos que tenían colgados de sus paredes (risas). Fue una revolución te diré. Lograbas darle a las marcas una exclusividad comunicativa en un momento donde estaba en plena marcha la democratización de la moda… estaban en una situación muy delicada en ese entonces para no perder clientes. En ese sentido la ilustración pasó a ser una de sus mejores socias para mantener su clientela de toda la vida. Y a las revistas también les sirvió para refrescar sus páginas con arte, que quieras aceptarlo o no, a la gente le gustará más, siempre, el arte antes que la fotografía, porque al final la fotografía es un registro de imágenes y situaciones comunes, en cambio el arte es toda la locura del artista y vete tú a saber qué hará o cómo lo presentará. Es un misterio, y eso, por supuesto, siempre es un subidón. Ahora la ilustración está muy de moda y se subió mucha gente al carro, hay mucha competencia, aunque los buenos de siempre siguen ahí muy bien posicionados y siguen trabajando, eso es un alivio.

L.C: ¿Cómo lograste desarrollar una carrera exitosa en París e ilustrar para las más grandes revistas de moda?

A.C: Primero haciendo un buen trabajo. Teniendo rigor y disciplina en la calidad de cada pieza, en las fechas de entrega, y sobre todo, en la relación con las otras personas. Aquí sí que vale ser una buena persona, cercana, pero entendiendo también que esto es una empresa. Después es importante dominar los idiomas en que te comunicas, es básico. Dominar el inglés, el francés y el español debiera ser una cosa básica para cualquier persona, como lo es para mucha gente en Europa que dominan al menos dos o tres idiomas aparte del suyo materno. Y luego creo que es importante tener una cultura general adecuada, y a eso me refiero en viajar mucho, leer de todo, conocer muchos lugares, mucha gente, muchas historias, colores y sabores. El verdadero lujo es conocer. Conociendo puedes hablar con la editora de la Vogue en India o Rusia para hacer un trabajo relacionado con sus países y que te sean comunes sus culturas, saber de qué te hablan para que tú también sepas qué hacer y responder, con propiedad. Y eso también está muy bien para estar orgulloso y saber quién eres y de dónde vienes, de cuáles son tus raíces. Y si están mezcladas y vienes de aún más sitios comunes, ¡tanto mejor! Siempre lo repito: Conocer es poder.

L.C: Muchas personas consideran que la moda es superficial. ¿Qué les diría tú a ellos?

A.C: Que están en lo cierto. Aunque como todo, tampoco debemos tener opiniones tan extremas de las cosas, porque en todo existen matices. Si te das una vuelta por la sala de arte textil de cualquier museo precolombino, te darás cuenta con tus propios ojos que la moda, en esos siglos antes de Cristo, no era algo precisamente superficial. También si miras el mundo de la moda hoy, hay creadores que son muy buenos y tienen apuestas casi artísticas, con un discurso muy fuerte y personal, y eso es de agradecer. Y la moda claramente es superficial, donde no radica si tu eres buena o mala persona, sino en si tienes más estilo o si te vistes mejor que el otro, y eso es solamente para ponerte por encima del otro, para hacer una diferenciación de clase o posición, pero eso ha sido de toda la vida así, y sigue siéndolo y seguirá siéndolo, porque esa es básicamente su función y el que no lo quiera entender de esa forma, está en mayor debilidad si quiere subsistir en este negocio. Las reglas aquí son claras. Las marcas no hacen ropa pensando en las buenas personas, créeme. Las hay, pero son contadas con los dedos. De todas formas puedo asegurarte que siento que hoy la moda es mucho menos superficial que antes, será por esta crisis espantosa que aún no quiere irse.

L.C: ¿Tienes alguna anécdota de tu vida en París que nos puedas contar?

A.C: No una, ¡muchas! Casi a diario, buenas y malas, con gente de a pie, con gente conocida, pero es importante ser caballero y olvidarlo todo. Así mantienes la amistad por muchos años (risas).

L.C: ¿Cómo definirías el estilo de las parisinas?

A.C: Son en general mujeres muy elegantes, con un grado muy elevado de lo que significa la sobriedad y con mucha sensibilidad por los detalles. También ayuda la ciudad, donde respiras sofisticación en cada esquina. De todas formas hay mujeres de muchos otros lugares que tienen el mismo grado de sofisticación pero en un sentido diferente. He conocido muchas otras mujeres con un estilo exquisito en Egipto, en Brasil, en España, en Argentina, en Chile, en África y en Asia. No es algo que pertenezca a las parisinas únicamente.

L.C: ¿Por qué decidiste regresar a Chile?

A.C: Porque estaba radicado en Barcelona los últimos seis años y nos tocó a muchos la etapa más dura de la crisis financiera, inmobiliaria y política en España. Fue un puñetazo no solamente para mí. Era necesario moverme para seguir avanzando. Espero que mejore pronto y se reactive todo para poder regresar, aunque te seré sincero, me da mucha inseguridad toda esta ola de atentados terroristas que son pan de cada día: París, Niza, Berlín, Madrid, Orlando. En Chile no se ven esas cosas, que me parecen de una cobardía y violencia paralizante. De momento, puedo asegurarte que cada día Chile me enamora más, sus cambios sociales y su naturaleza extrema, que a medida que la voy conociendo en profundidad, me hace sentir más orgulloso. Es un país mágico, como toda América Latina en realidad.

L.C: ¿Qué proyecto te tiene entusiasmado el día de hoy?

A.C: Cualquiera en el que me involucro, que eligo con mucho cuidado. Actualmente estoy bastante ocupado en las dos revistas en las que escribo, Harper’s Bazaar y Enfoque; también en las campañas que van saliendo y en estar colaborando continuamente en proyectos que me resulten interesantes.

L.C: ¿Qué es lo que se viene para Alex Ceball en los próximos años?

AC: Me encantaría volver a la docencia. Los últimos dos años he estado dictando conferencias internacionales y master class puntuales, pero me encantaría volver a las aulas, no universitarias, porque siento que en las grandes universidades a los chicos no les interesa nada, como que estuvieran ahí por cumplir o porque los padres pagan. Me gustaría una escuela pequeña con poca gente pero muy interesada, porque eso sí que sería un semillero de talentos, talentos de verdad. Ya veremos. Espero poder hacerlo.

 

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